Il y a bien longtemps, quand je n’étais encore qu’une étudiante en fac d’arts plastiques, j’ai eu la chance d’assister à un workshop sur la critique d’art. L’exercice consistait à aller à la rencontre des étudiants de l’école des Beaux-Arts qui partageaient nos locaux.

C’est dans ce contexte que j’ai fait la rencontre de Mathieu Lefebvre et ait découvert une partie de son travail. Aujourd’hui, sa réflexion artistique a beaucoup évolué tout comme mon écriture a mûri avec le temps, néanmoins, c’est avec émotion que je publie à nouveau ce texte de jeunesse. A vrai dire, il a été l’une de mes fiertés en étant étudiante, surtout lorsque Mathieu m’a appris quelques années après qu’il s’en était servi dans un de ses books comme texte de présentation.

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Mathieu Lefebvre, résidence au DomaineM – 2 avril/2 juillet 2013

[20.04.2010]

Entre Rembrandt et Hokusaï

Qu’est-ce qu’être un artiste aujourd’hui? C’est justement la question que Mathieu Lefebvre, peintre et étudiant en cinquième année à l’ERSEP*, refuse de se poser, et cela est tout à son honneur. Dans un monde où l’art contemporain ne se conçoit souvent que par la valeur marchande d’une œuvre, Mathieu Lefebvre revient à des considérations de premier ordre sur la peinture. Il préfère travailler la matière, la couleur, la lumière plutôt que de suivre un quelconque mouvement artistique pour plaire.
Dans l’atelier qu’il partage, deux grandes toiles ornent les murs et attirent l’œil du spectateur par leur composition, par le choix des couleurs, mais surtout par le mystère de ces formes flottantes, quasi-organiques. Néophyte que je suis, la question me brûle évidemment les lèvres: est-ce de l’abstraction? Nullement! Ce n’est ni de l’abstraction, ni du figuratif, mais du « figural », comme me l’enseigne l’artiste.

Il y a de la cohérence dans ces vastes univers. La présence d’un paysage se distingue en arrière-plan, et les organismes dorés, sortes de nuages énigmatiques, évoquent une œuvre du maître japonais Hokusaï (1760-1849). S’inspirant d’une peinture représentant un combat de samouraïs, les formes en adoptent les courbes. Intriguée par une telle référence, je me permets de demander quels sont les autres artistes qui façonnent son œuvre. Le premier nom que Mathieu Lefebvre me donne est celui de Rembrandt (1606-1669) et de sa lumière, qui l’ont fasciné, séduit, choqué, bouleversé lors d’une visite au Rijksmuseum l’été dernier. L’autre peinture, aux teintes plus sombres est le résultat d’une recherche effectuée par l’artiste, sur les formes de Jérôme Bosch (1453-1516) et de son Jardin des Délices.
Artiste cultivé comme l’aurait souhaité Alberti, Mathieu Lefebvre ne laisse rien au hasard. Pour lui, tout doit prendre sens, aussi bien la lumière que la couleur, pour rendre une toile magique. Il faut « être dans l’instant » et il n’y a pas meilleur médium que la peinture, selon lui, pour « fixer le temps, fixer une image ».

Peinture de la méditation, de la réflexion, l’œil du spectateur ne peut englober d’un seul tenant les toiles de Mathieu Lefebvre, sans en omettre toutes les subtilités. Une poésie émane de ses tableaux lumineux et colorés, mais aussi très énigmatiques. Le regard se perd dans une contemplation silencieuse (et délicieuse) des courbes et des formes de ses compositions. A plusieurs reprises, j’ai pu suivre l’évolution du travail de l’artiste au cours de cette année sans jamais oser lui poser des questions sur son œuvre, mais c’est toujours avec la même curiosité et la même fascination que j’observe ses peintures. Il m’arrive, lorsque je m’arrête devant une de ses toiles, de me sentir absorbée par ces organismes flottants, happée par cette lumière diffuse dans l’ensemble du tableau.
Aujourd’hui, ces deux œuvres sont retournées contre le mur, en suspens. Mathieu Lefebvre travaille à l’élaboration d’une nouvelle composition. Affaire à suivre…

* Maintenant nommé ESA Nord-Pas-de-Calais

 

Le style de la critique est un peu formel et le texte comporte quelques maladresses mais heureusement, l’écriture évolue. Depuis, des artistes m’ont fait confiance pour les aider dans leur travail écrit ou même pour leur rédiger des textes de présentation. Vous pouvez justement retrouver, en exemple, celui de Caroline Hofman en suivant le lien!
Et si ce service vous intéresse, vous pouvez me contacter ou consulter la section des tarifs!

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